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Straub & Huillet : Rétrospective à travers les arts

2 au 5/7 2023
6 programmes / 10 films / En partenariat avec le Goëthe Institut / 4€ la séance
À l'occasion de la Fête du cinéma Le Cratère vous invite à découvrir une partie de l'oeuvre d'un des couples mythiques du cinéma avec des films restaurés
 
Jean-Marie Straub et Danièle Huillet se rencontrent à Paris en 1954. Leur entourage, composé de cinéastes de renom tels que Robert Bresson et Jacques Rivette, les encouragent à réaliser leurs projets. En 1958, Jean-Marie Straub refuse d’aller se battre en Algérie et déserte en Allemagne, où le couple signera son premier court-métrage Machorka-Muff en 1962. Ils deviennent alors des figures de proue du nouveau cinéma allemand (côtoyant notamment Rainer Werner Fassbinder) et de ce qu’on appellera le cinéma moderne. Attaché à son indépendance, le couple se décrit comme des « artisans du cinéma », il travaille dans une économie modeste pour mieux poursuivre ses recherches esthétiques et affirmer ses positions politiques. Ils opèrent sur leurs tournages une division stricte du travail, à Danièle Huillet le travail de production, des costumes, du son et des textes ainsi que du montage tandis que Jean-Marie Straub se charge du cadre et de la direction des comédiens, souvent non-professionnels. Leur filmographie commune, composée de quatorze longs et seize courts métrages, n’a eu de cesse de revisiter les œuvres des grands artistes européens, aussi bien en littérature (Brecht, Duras, Pavese, Kafka) qu’en musique (Bach, Schoenberg)… Après le décès de Danièle Huillet en 2006, Jean-Marie Straub continue seul ce travail en réalisant plusieurs films, en numérique, persistant à dénoncer toutes les violences du XXe siècle et contemporaines.
 
L’œuvre de Jean-Marie Straub et Danièle Huillet constitue une pierre angulaire du cinéma moderne depuis les années 1960. Relevant d’un art impur, leur cinéma n’a cessé de se mesurer au défi de l’adaptation : la peinture, la littérature, la musique et le théâtre sont les sources de l’ensemble de leurs films. Les Straub ont ainsi trouvé de nouvelles façons d’interpréter et de représenter des œuvres d’intellectuels et d’artistes européens de premier plan tels que Franz Kafka, Bertolt Brecht, Friedrich Hölderlin, Jean-Sébastien Bach, Cesare Pavese, Elio Vittorini, Pierre Corneille, Arnold Schönberg, Stéphane Mallarmé, Marguerite Duras, Heinrich Böll, Ferdinand Bruckner ou Paul Cézanne.
Dans une économie toujours modeste, Straub et Huillet ont principalement filmé en Allemagne, en France et en Italie, où ils vécurent également. L’attention portée à la langue en tant que matière sonore et signifiante, à la diction de l’acteur et au phrasé du texte, est un élément clé de leur travail. C’est un art
exigeant qui allie clarté et précision, utilisant le plan fixe, le son direct et le paysage bucolique comme espace-temps scénique privilégié pour mettre en scène des histoires de peuple et de résistance dans une perspective marxiste.
Ils ont fait l’objet de nombreuses rétrospectives dans le monde entier, dans des institutions telles que le Centre Pompidou, le MoMa, l’Akademie der Künste de Berlin, le Museo Reina Sofia à Madrid et en bien d’autres lieux. Le 18 janvier 2023, à l’occasion du 90e anniversaire de Jean-Marie Straub, une nouvelle
rétrospective en 10 films, en copies restaurées, sera distribuée par Capricci, producteur, distributeur et éditeur de cinéma.

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